Les derniers articles :



[Interview] Miam Monster Miam

Miam Monster Miam est l’un des noms de scène de Benjamin Schoos, un des artistes les plus connus et les plus prolifiques du plat pays (la Belgique quoi…). Auteur, compositeur, arrangeur, producteur, illustrateur, animateur radio et télé, dessinateur de comics et de fanzines underground, collagiste de presse… son arc est manifestement plein de cordes, et assurément accordé !

Issu de la scène rock belge, et avec à son palmarès pas moins de 10 albums (onze depuis aujourd’hui !), un nombre incalculable de productions et compilations (notamment avec Phantom feat Lio), une émission hebdomadaire sur la radio belge, un label qu’il a fondé, Miam Monster Miam est devenu un incontournable de l’underground, avec un son space pop / rock / psychédélique / électro, adepte du mélange des genres et résolument freaks. Ce n’est pas pour rien que son label s’appelle Freaksville

Alors que Miam Monster Miam était de passage à Paris pour faire la promo de son disque La femme plastique avec le groupe Loved Drones qui sort aujourd’hui, je n’ai rien trouvé de mieux que de me retrouver avec une fièvre de cheval l’empêchant de venir le rencontrer de visu… Qu’à cela le tienne, il a accepté de répondre à mes questions par mail !

[chronique de l'album, vidéo et écoute en fin d'interview]

Miam Monster Miam, ton nom de scène, sonne comme un slogan. Quelle est son origine ? Pourquoi un tel choix ?

Miam Monster Miam est le nom d’un de mes premiers comics, publié à l’époque dans le fanzine de l’école quand j’étais ado. Cette BD racontait les exploits d’un extraterrestre qui débarquait en Belgique. C’était l’époque des apparitions d’OVNI dans les années 90 en Belgique, il y en avait partout dans le ciel : le gouvernement belge avait commencé à rédiger des projets de loi au cas où les ET voulaient se poser sur notre territoire.

A 17 ans, j’ai eu l’occasion d’être la vedette américaine de SMOG sur sa tournée belge et il m’a fallu trouver un nom qui intrigue. Mais j’ai aussi deux autres pseudonymes sous lesquels je produis de la musique : James Race pour la pop et Robin Master pour la musique électronique.

Touche-à-tout, on te retrouve auteur, compositeur, arrangeur, producteur, illustrateur, chroniqueur radio/TV, dessinateur de fanzines underground, et patron de label depuis 2006. D’où vient cette envie de tant de choses, et comment organises-tu ta vie professionnelle ?

J’ai toujours dessiné depuis que je suis gosse, donc j’ai continué pour le fun. J’édite certains de mes comics dans des fanzines comme Lazerzine par exemple. Je travaille à mes heures perdues sur ma première bande-dessinée officielle, une sorte de best-of des comics publiés dans les fanzines.

La musique a toujours fait partie de ma vie, je joue de la batterie et de la guitare rock dans des groupes depuis que je suis ado. Par contre, la radio et la télé, ça c’est un truc qu’on m’a proposé et que j’ai accepté sans a-priori, pour le challenge et l’amusement. Et puis en Belgique, pour vivre de son art, vu le petit territoire, il faut mélanger les activités ! Une rock star vend ici 4000 disques ! Le label était une nécessité, un outil pour pouvoir produire ma musique et celle de mes amis.

Pour revenir sur Freaksville, comment s’est lancée l’idée de monter un label ? Quel était ton dessein ?

Le label, on l’a créé pour sortir Hantises de Phantom feat Jacques Duvall, le premier disque avec Duvall en 15 ans ; album sorti en 2006. Qui d’autres que nous auraient pu le sortir ? On a puisé dans nos économies et on a sorti le disque, avec peu d’argent et beaucoup d’énergie, chacun à contribué à mettre son petit quelque chose dans Freaksville. La ligne graphique, les choix musicaux, etc. Puis les premiers concerts de Phantom avec Duvall, qui étaient vraiment formidables et sauvages.

On retrouve autour de toi des gens (musiciens, chanteurs, etc) qui bossent avec toi sur beaucoup de tes projets. Miam Monster Miam, c’est une famille ?

Oui c’est une famille, l’ambiance est très cool mais on est bien organisé et chacun fait le job qu’il doit faire au sein de la structure. Toutsles gens qui gravitent autour du collectif Phantom sont des amis et des artistes extrêmement talenteux. Les Loved Drones, le groupe qui m’accompagne, c’est une partie de ses musiciens. Quand on a commencé Phantom on était trois, puis la famille s’est agrandie au fur et à mesure, d’autres musiciens ont aimé notre musique, d’autres sont partis, le groupe a muté !

Ta musique est très éclectique, tu touches à tous les genres : pop, rock, blues, folk, électro, et même rap avec King Lee de Starflam. Est-ce volontaire, comme cette volonté de multiplier les casquettes ? On retrouve d’ailleurs des mêmes formations sous des noms différents (Anticonstitutionnellement Orchestra et Phantom, par ex) : pourquoi un tel choix ? Une volonté de brouiller les pistes, ou de dissocier les projets et genres ?

Oui, je suis un vrai camé de musique, j’aime tous les styles. Je veux tout écouter et apprender à jouer plein de choses, rien ne me fait peur : l’excitation d’expérimenter l’emporte chaque fois ! Autant je pourrais me passer de films, de cinéma, mais jamais de musique ! J’ai envie de m’essayer à plein de styles. Pour le moment, je produis à Londres Le Dragon noir, un groupe congolais excellent !

Chaque projet sur Freaksville est différent mais rassemble les mêmes gens. Le groupe Freaksville est ce que j’appelle un groupe d’intervention musicale. Quand je produis un disque pour un artiste, je m’adapte toujours à son univers. Et je suis toujours attiré par des artistes qui ont un truc un peu fou et des « corones » ! Le côté ludique de changer de nom pour chaque projet est fun ! C’est comme au carnaval : rien de tel que de se déguiser et de surprendre les fans du label !

Après l’homme libellule en 2007, la femme plastique. Un lien ?

Oui, la femme plastique est le deuxième volet d’une trilogie entamé avec l’homme libellule. Le premier revisitait la pop seventies française psychédélique à la façon série B là où la femme plastique revisite le rock anglosaxon du début des 80s. Je dis bien revisiter, car il ne s’agit nullement d’une copie, juste d’une source d’inspiration, ce qui m’a donné le kick pour faire ce disque.

Phantom a changé de nom pour Loved Drones. Pourquoi ?

Loved Drones c’est du concentré de Phantom ! La base, du pur jus, une machine de guerre, vraiment. Les seuls gars avec qui je peux enregistrer un disque de rock en 3 jours et que ça tue ! La femme plastique a été enregistré à Londres en 3 jours, le son est énorme ! Grâce à ses musiciens, ce sont des tueurs… mais ils la ramènent jamais : des types charmants.

L’album est super pop british, mais on retrouve un son rock prégnant et une touche omniprésente d’électro. On est bien loin du garage rock habituel. Quelle était la direction artisitique souhaitée à cet album ?

Il y avait trois groupes qu’on adore tous dans les Loved Drones : les premiers Stranglers, Magazine et The Fall. J’ai pensé aussi à John Cooper Clarck aussi. The Fall c’est pas de la pop, mais il y a quelque-chose de toujours très anglais dans la musique.

Dans les Loved Drones, il y a Android 80 qui joue du Jupiter 8 et lui amène cette dimension électronique et psychédélique, un peu Doors. C’est intéressant l’apport d’un claviériste dans le groupe. Ma voix est assez basse donc le résultat n’est pas du rock garage, d’ailleurs j’ai produit peu de disques de rock garage à proprement parler. Même si certains membres de Loved Drones sont impliqués dans ce style.

Beaucoup d’invités sur cet album. Comment se sont passés ces invitations et ces collaborations ?

Simplement. Des amis d’abord, des gens rencontrés lors de nos concerts comme Daniel Offerman des Girls in Hawaï. Duvall, Marie France, Man from Uranusça c’est la famille, impossible qu’ils ne participent pas au disque !

Petit regret, j’avais commencé à bosser avec Alister sur un morceau, mais nous n’avons pas eu le temps de finir la compo avant de rentrer en studio. Ce sera pour une autre fois. Ce gars est doué ! Je l’adore.

La femme plastique est très freaks, l’univers est loufoque et éclectique. Doit-on s’attendre sur scène à un même spectacle ?

La même chose sur scène ! En mieux encore ! En janvier, un live de 30 minutes sera diffusé sur le net : on l’a enregistré hier et c’était puissant, avec deux basses et trois guitares. La tournée commence le 19 janvier au Botanique ou l’on accompagnera aussi Laetitia Sadier de Stereolab.

Propos recueillis par Olivier Mignot

Photos : D.R.

Chronique d’album

Après l’exercice de style 70′s psyché réussi de l’album L’homme libellule paru il y a 3 ans, Miam Monster Miam s’attaque maintenant avec La femme plastique à un autre gros morceau : le rock UK 80′s. En attendant le dernier de la trilogie, dont il a fort à parier qu’il s’attaquera à l’électro… 90′s (oui je sais, facile). Reste que cet album n’a rien d’un simple second, tant il est puissant et inspiré. A grand renfort de guitare (la touche Freaksville), même si l’on est loin du garage rock américain qui imprime la marque de son label, nous voici embarqué au-delà du Channel pour un album power pop, tendance psyché-rock, sooo british.

Nouveau nom de Phantom, le groupe les Loved Drones qui accompagne Miam Monster Miam concentre ici une énergie mi-belge mi-britannique, avec feu le producteur Marc Moulin au piano, Marc Wathieu (fondateur des Tricheurs) à la guitare, Daniel Offerman bassiste des Girls In Hawaii, mais également des guests comme Marie France ou Man From Uranus…  Côté son, donc, voici de quoi offrir un rock électro, wired pop, très produit, « qui fonce comme un double-decker bus rouge bubble-gum », pour reprendre le dossier de presse (oui, ils savent donner des images parlantes, ces messieurs dames qui rédigent les dossiers de presse).

En écoute

En vidéo

Sortie CD

Miam Monster Miam > MIAM MONSTER MIAM & LES LOVED DRONES

> onzième (!!) album solo : « La femme plastique »

(Freaksville, Discograph)

> Sortie le 25 novembre 2010

> Disponible chez tous les bons disquaires (tant qu’ils existent encore)… et sur les plateformes de téléchargement légal.

En tournée

  • 19.01.2011 : Botanique @Bruxelles (Belgique)
  • 22.01.2011 : avec Laetitia Sadier - Belvédère @Namur (Belgique)

Propos recueillis par Olivier Mignot

Photos : D.R.

Partagez et faites tourner !
  • Facebook
  • Twitter
  • email
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • Wikio FR
  • Print
  • RSS
  • Digg
  • del.icio.us
  • LinkedIn
  • Live
  • Netvibes
  • Scoopeo
  • StumbleUpon
  • Wikio
  • Yahoo! Buzz



  1. [...] Propos recueillis par Olivier Mignot. [...]